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_Du début
Par cjeanney dans le 17 Mars 2011 à 15:43Et tu serais un acarien qui vivrait sur la peau d’automobilistes grognons, et tu hésiterais lorsqu’ils orientent le rétroviseur rageusement, est-ce qu’il faut que tu prennes ton élan pour sauter sur les dés qui pendeloquent ? car la route tangue. Et puis non, un mouvement brusque, un coup de volant sans clignotant et tu remontes le long de son poignet avec la peur qu’il gesticule, que tu sois mis à bas, toi qui l’es déjà tant, si bas dans la hiérarchie des vivants. Tu t’appellerais Phoros ou Acari sans en avoir l’idée et tu aurais des choses à dire.
Tout d’abord, tu te présenterais sans états d’âme. Tu dirais Me voilà et ça ferait du tri entre ceux-là capables de regarder ta face sans blêmir et les autres. Parce que tes crocs et tes tempes sans oreilles provoquent une détestation fulgurante, un rejet bien normal. Tu resterais stoïque, car tu es obstiné autant que déplaisant à voir, c’est ta fabrique.
Tu es très résistant. On raconte que même en conditions extrêmes, sous les pieds d’un volcan, la tête dans la banquise, tu ne montres aucune gêne d’aucune sorte, un flegme britannique et ta désinvolture devrait se décliner en proverbes et légendes, mais ça n’est pas le cas.
Que l’on n’imagine pas ta vie facile : le moindre poil est un obstacle, la ride la plus petite une tranchée décisive (et je ne parle pas des congénères que tu enjambes, certains acarienphages, et les difficultés terribles auxquelles tu dois faire face quand, agrippé au mollet d’un cycliste, tu sens venir le sprint).
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