• De nom

    Tu t’appellerais Phoros à cause du mot de phorésie qui raconte que chacun est pris l’un dans l’autre, chacun chargé de ce qu’il doit au suivant du suivant son frère, chacun tendu vers ce que l’autre dit, demande, s’attache aux pans de mondes par mille griffes, tentacules et réponses et quand les chants contradictoires parviennent, ça brûle les oreilles, la phorésie comme lourde de chaleur.

    Phorésie, c’est des bras qui s’agitent partout, des ventres qui se frottent, des mâchoires qui se ferment et s’ouvrent pour se trouver, et c’est parfois violent. Ça se déplace sur de longues distances, ça dort roulé en boule, ça se console du vent, ça s’enterre, ça se voit, ça se tord, ça dort dans un nid oublié d’une créature morte, ça se faufile dans les graviers, ça crève et ça renait sous l’eau, quelques bulles remontent, phorésie diluvienne, aérienne et rapide, et ça respire des siècles de silence.

    Phorésie ça n’existe que dans les petites choses. Ou les très grosses.

    Tu t’appellerais Phoros et tu serais en phorésie. Accroché à l’appui-tête d’un train qui roule à grande vitesse sur une terre qui tremble sous une mer qui roule et nous qui avançons, espace en expansion, on ne voit pas les gerbes d’air fuser de chaque côté de la planète et on ne peut pas se retourner, tu te cramponnes.

     

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