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De déplacement
Par cjeanney dans le 19 Mars 2011 à 19:55Et tu serais en mouvement sans cesse, tête en bas tête en haut selon que les bras bougent ou les cous, les cheveux. Mais il n’y a pas de haut ni de bas dans ton monde, tu es le seul repère dans tes trois dimensions : là où tu vas, là d’où tu viens et ce qu’il y a dessous.
Tu es si musculeux, si minuscule, que tu défies l’apesanteur, ce sont tes montures qui tombent. Elles peuvent glisser ou s’envoler, ça ne gênera pas ta marche.
Un soir, tu es passé de mains en mains sous des applaudissements nourris mais personne pour te voir (les frères Tavoli, trapézistes, se donnaient en spectacle, il y eut deux rappels. Mais tu n’es pas resté longtemps à leur service, le goût de magnésie, à la longue, t’a lassé).
Et même à l’immobile, fixé dans l’appui-tête d’un train à grande vitesse, tu ne crains pas grand chose. Ils arrivent du ciel, ceux qui veulent t’écraser (nuque rase, cheveux gras, bonnets, chignons, barrettes). Les dangers sont multiples, imprécis, mais tu sais t’enfoncer dans la moelle de la mousse du fauteuil où tu attends l’arrêt à la gare de Marseille ou une autre, et ils descendront tous.
Tu passeras la nuit dans un entrepôt sombre, à l’écart, ou tu suivras quelqu’un dans une chambre d’hôtel avec vue sur moquette, tissu dans l’escalier, tentures sur les murs, chaque endroit est pour toi lieu d’aisance, parcelle à découvrir, exploration possible.
Les reliefs sont nombreux, striés, rayés, pentus, et ils s'ajoutent aux nôtres, everests sur Everest, tu multiplies les escalades.
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