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D'un lieu
Par cjeanney dans le 11 Août 2011 à 16:49Le Phoros est vivace et se déclare inapte à l’immobilité. Des endroits, il y en a, sont tous éparpillés, et serait vain d’en établir la liste.
De plus, ce terme de « lieu » ne se rattache à rien. Nous nous attaquons-là à une notion cruelle glissante, aussi fugace que le fil des nuages, savonneuse comme la peau du goujon, plus floue que la buée. Qu’est-ce qu’un lieu ? est une question piège. Si Phoros prend un escalier, où est-il ? sur quelle marche ? Sa latitude, sa longitude une fois constatés ne donnent qu’un faible indice de la moiteur de l’air et de la quantité de matières pelucheuses, des contrastes visibles entre dedans dehors, des enfants qui chuchotent, tapent des pieds, c’est juste derrière le soupirail, l’un d’eux porte une casquette et en appelle un autre qui se balance, des pas sur le plafond, des pas sur le plancher, où se situent les choses et comment être sûr de ne pas les inverser, avec ces lieux mouvants ? Phoros pose le thorax contre le sol pour ressentir les vibrations. Il ne peut fonctionner sans s’arrimer intensément à tout ce qui dépasse, il est lucide.
C’est le moment où un chien noir et un chat noir se croisent, s’insupportent, se coursent dans le jardin. Le lieu s’étale, borde la route et s’en va jusqu’à la pharmacie, « danger explosif ! » crie l’enfant, « j’ai fait la Tour de Pise » (ce qui prouve bien que les idées non plus ne sont pas quantifiables, ni limitées dans un espace, une durée).
Phoros est pluriel. Sur un vélocipède en Chine, sous les arceaux d’un parc abandonné. À l'arrière d'une camionnette, sous la plaque d'immatriculation. Accroché à un reste de rideau. Au cul des poules. Et en d'autres lieux vides. Ici, les noisetiers se tannent. On dirait que l'automne arrive. Phoros s'en moque, il creuse.
Tags : phoros, lieu, qu’un, c’est, noir
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Commentaires

aussi inapte à savoir ce qu'est un lieu - mais suis devenue immobile et y a ni chien ni chat - suis pas Phoros mais contente de le voir passer